Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Anne

C'est l'un des problèmes récurrents rencontrés par la plupart des jardiniers. Et la permaculture accroît encore le problème les premières années car les limaces raffolent des paillis où elles trouvent des abris humides parfaits.

Voici en quelques lignes le récit de mon expérience :

En mai 2016, lorsque j'ai investi le jardin, après avoir passé des semaines à dégagé la terre du potager (à l'abandon depuis des années, donc couvert de ronces, d'orties et de chiendent) je me suis fait plaisir en repiquant soigneusement de magnifiques rangs de salades, soigneusement paillés. Le lendemain, en arrivant au jardin, je me suis frotté les yeux : à la place des salades, dans la paille, il n'y avait plus que de  vagues trous ! Je me suis un instant demandé si ma mémoire ne me jouait pas des tours ! Mais non, les limaces avaient fait un sort à toute la rangée. Un peu plus tard, je me suis risquée à repiquer des pieds de tomates et de courges qui levaient en godet depuis plusieurs semaines au chaud. Quelques jours après, sous une averse torrentielle (pour ceux qui l'auraient oublié : le mois de mai 2016 fut arrosé par des pluies ininterrompues...), une inquiétude me vient et je vais faire un tour au jardin avec ma fille : et là, c'est le drame... des poignées de limaces agglutinées sur les plantes rongeaient ce qu'il en restait. J'en aurais pleuré !

Et qu'on ne vienne pas me parler de cendre, de sciure, de marc de café ou, pire encore, de coquilles d’œufs : ce sont des mythes ! Cela ne fonctionne éventuellement que lorsqu'il fait sec... et où les limaces se terrent, donc. Aucune de ces "astuces" n'a eu une quelconque efficacité sur mon terrain. Quant à la bière, vu la quantité de limaces, il aurait fallu un fût par jour, et je ne souhaite pas les tuer ! Elles sont comme le symptôme dans la maladie : ce n'est pas en l'effaçant que l'on résout le problème.

Mai 2017 : il ne pleut guère, et le temps est même agréable. Tous les soirs, à la nuit tombée, je me rends au jardin avec ma lampe frontale et inspecte chaque recoin pour débusquer les limaces et les ramasser à la main. J'en trouve des poignées sur les tiges d'ail, d'oignon, de pomme de terre, dans le cresson, les salades, les épinards. Je protège chaque plan repiqué par un tronçon de bouteille en plastique ou un anneau anti-limace, mais les mollusques les plus motivés se jouent de ces barrières et j'en ramasse un plein bocal de 1,5 L tous les soirs, que je vais ensuite consciencieusement verser dans les bois.

Mai 2018 : il n'a pas beaucoup plus depuis avril, alors cette année les limaces se tiennent plutôt à carreau. Bo, au printemps, comme rien de ce que je semais ne levait (ou plutôt n'avaient le temps de lever avant de se faire croquer), j'ai craqué et ai balancé quelques poignées de Ferramol (antilimace bio, qui ne tue pas leurs prédateurs). Pour me motivée, je me suis documentée à fond, et j'ai repris espoir. Car les permaculteurs aguérris assurent que le problème se règle de lui-même lorsque l'écosystème s'équilibre et que le sol s'enrichit et redevient vivant.

Premier plan préventif : les poules ont été parquées au potager de janvier à mars, où elles ont gratté à coeur joie. Je ne sais pas si ça a eu un effet ou non - pas assez tangible, mais en tous cas ça leur a bien plu. Ensuite, j'ai tenté les doubles-barrières : les plans les plus appétents pour ces demoiselles, genre les jeunes pieds de courge, ont été repiqué dans une boîte de conserve évidée aux deux bouts, lui-même encerclé d'un anneau anti-limaces. Cela ne les arrête pas toujours, mais il y a eu nettement moins de dégâts.

Ensuite, j'ai dépaillé le jardin assez tôt dans la saison, vers début avril, afin qu'il leur soit plus difficile de loger sur place. Et, accessoirement, pour permettre à la terre de se réchauffer plus vite.

Enfin, j'ai opté pour les nourrir : elles raffolent des topinambours, alors j'en jette des rondelles partout où je veux détourner leur attention. Je laisse les vieux oignons oubliés pousser, aussi, car elles raffolent des tiges, et elles peuvent en manger autant qu'elles veulent, peu me chaut !

Avec tout ça, et la chaleur aidant, je ne me suis pas trop pris la tête avec les limaces cette année, et les récoltes n'en ont pas eu trop à pâtir.

Surtout, je me focalise sur le long terme (= la guérison de la "maladie", et donc l'équilibrage de l'éco-système sur le terrain). Comme expliqué dans la conférence ci-après, la gestion holistique des limaces consiste à apporter de la lignine dans le sol, afin de favoriser les champignons. En gros plus il y aura de champignons, moins il y aura de limaces, et comme elles mangent les champignons, celles qui resteront feront moins de dégâts.

Et puis, maintenant que je récolte mes propres graines, je suis moins timorée sur les semis. J'ai semé cette année les panais à poignées, et la récolte fut bonne (alors que c'est une culture capricieuse). La nature est pléthorique, alors je vais semer cette année à tout va, il en restera toujours suffisamment !

 

Et ce qu'il en ressort

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article